08.06.2006
Vivant toujours de l’Esprit de Pentecôte …
Le petit livret – "Vivant toujours de l’Esprit de Pentecôte" (23 pages format Word) le premier de nos cahiers - vous permettra de suivre le cheminement proposé dans certains groupes du Renouveau Catholique Charismatique sous le nom des « 7 semaines ». Nous avons repris la liste des textes suggérée dans le n° Hors-série de décembre 2005 de la revue Foi, éditée par la communauté du Chemin Neuf ; ces textes seront commentés par des chrétiens et chrétiennes lgbt dont l’enracinement ou le cheminement ont étés ou sont toujours dans les milieux pentecôtistes et charismatiques.
La pleine et positive acceptation de notre orientation sexuelle a souvent été pour nous occasion de rupture(s) avec la tradition charismatique : refus d’une lecture trop « littérale » des textes bibliques, reconnaissance des abus souvent exercés à travers certaines manifestations « spirituelles », contestation de la validité de prétendues délivrances ou guérisons d’une homosexualité qui n’est pour nous ni un péché ni une maladie, rejet conséquent de communautés qui ne valorisent pas toujours la diversité des opinions et des expériences … Beaucoup de ces apparentes ruptures ne sont que le signe de la fidélité de Dieu. Qui d’autre que son Esprit vient attester que nous sommes ses enfants ? Qui d’autre que son Esprit nous fait accepter toute notre humanité ? Qui d’autre que son Esprit nous conduit dans toute la vérité ? de la lettre qui tue à la Parole de vie ? Qui d’autre que son Esprit nous aide à examiner toute chose et à retenir ce qui est bon ? Qui d’autre que son Esprit nous conduit et nous fortifie dans nos déserts, gémissant avec nous dans notre faiblesse et nous donnant les mots de la vraie prière ?
Que nous acceptions encore ou rejetions l’étiquette charismatique, nous nous savons vivant toujours de l’Esprit de Pentecôte ! C’est aussi notre commune conviction que l’expérience de la vie de l’Esprit – sous des formes diverses – n’est pas donnée exclusivement à un segment de l’Eglise ou au contraire tenue à l’écart de certaines catégories de croyants mais qu’elle est au contraire offerte à tout le peuple de Dieu dans sa grande diversité.
C’est cette même conviction qui nous pousse à inviter chacun et chacune, selon son propre cheminement, à relire avec nous ces textes durant les 7 semaines qui s’étalent de Pâques à la Pentecôte.
Jean VILBAS
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04.12.2005
Commentaire de l'Evangile du 2ème dimanche de l'Avent
Stéphane CORDIER-BROZEK est professeur certifié d’Anglais ; il vit actuellement en Australie avec son épouse Daniela et enseigne le Français dans un collège-lycée. Il nous livre son commentaire de l'Evangile de ce dimanche 4 décembre 2005: Marc 1:1-8
« Commencement de l’évangile de Jésus-Christ, Fils de Dieu » : ainsi débute cette « bonne nouvelle » de l’évangéliste Marc. Comme dans tout début de livre qui donne le ton au reste de l’ouvrage, sont posés ici les premières pierres, les fondamentaux de cette histoire du Messie, en définissant clairement les rôles de deux de ses deux protagonistes. Mais le texte ne s’arrête pas là : il est destiné à être un modèle proposant des enseignements pour guider les premiers pas des chrétiens vers Jésus. C’est d’abord le récit d’une rencontre. Si l’Ancien Testament est l’histoire de Dieu cherchant à instaurer le dialogue avec les hommes en proposant des alliances successives avec eux, le Nouveau Testament, bien plus qu’une biographie de Jésus, est l’histoire de la rencontre du Messie avec les différentes communautés des hommes. C’est ce que l’évangile de Marc souligne en s’ouvrant sur la rencontre de Jésus avec Jean le Baptiste et ses disciples.
Mais qui donc était ce baptiste ? Son rôle est défini par analogie, en citant un passage du prophète Esaie : il est ainsi vu comme “le messager”, celui qui prépare le chemin au Messie. Pourquoi une personne au rôle si important vivait-elle dans le désert, là où, par définition, les hommes ne sont pas ? On peut y voir une image : pour Esaie, les gens qui ne vivent pas dans la connaissance et le respect les lois de Dieu errent dans un désert spirituel, leur vie n’a pas de sens et ressemble ainsi à un désert stérile. Le Baptiste pratiquait “un baptême de conversion en vue du pardon des péchés” (Marc 1 : 4). La traduction physique en était l’immersion dans le Jourdain en signe de purification spirituelle, morale et physique, la personne baptisée prenant ainsi un nouveau départ dans la vie. Le baptiste est bien celui qui immerge et propose un changement de vie. Beaucoup de gens voyaient dans la situation politique de cette époque pour le moins troublée une remise en question de leurs actions ou leur manque de foi : les Romains contrôlaient toute la région et de nombreux “petits prophètes” issus de communautés radicales juives proclamaient l’arrivée du Messie qui débarrasserait la région de l’envahisseur et rétablirait ordre, justice et respect de la Loi en Judée. En ces temps messianiques Jean le Baptiste semble un personnage majeur, puisque le texte nous dit que “tous les habitants de Judée et tous les habitants de Jérusalem se rendaient auprès de lui.” (Marc 1 : 5). Il n’était pas le seul à pratiquer un baptême de conversion puisque d’autres communautés religieuses le donnaient en signe de purification mais sa portée était différente : ce baptême est proposé à tous, tout le monde y est invité.
Si Jean est présenté comme le messager, Jésus est introduit comme “Fils de Dieu”. Malgré son importance, Jean est présenté comme le serviteur, l’esclave presque (qui, convention de l’époque, déliait la lanière des sandales de son maître). On peut se demander pourquoi l’évangéliste insiste tant sur cette “infériorité” par rapport à Jésus. Il s’agit de montrer la place des deux hommes : si le Baptiste baptise d’eau, Jésus, lui, “baptisera d’Esprit Saint”. Cette phrase un peu obscure révèle la différence entre les deux hommes. Le baptême de Jean est le signe de la décision personnelle de l’individu qui souhaite aller à la rencontre de Dieu. Jean invite, mais la démarche de venir le voir au désert vient de la personne elle-même. Le mouvement semble inverse avec Jésus : c’est le Christ qui vient d’abord à notre rencontre et vient mettre en nous un nouveau souffle lors du baptême (avec cette référence à l’Esprit Saint). Avec la venue de Jésus, on se tourne vers le futur : “lui vous baptisera” est déjà le signe d’une promesse. Ce commencement nous enseigne l’humilité, à l’image de cette relation entre Jésus et Jean le Baptiste : le Messie a suivi le Baptiste, puis Jean et les baptisés suivront le Christ ; il témoigne de cette invitation universelle à rencontrer Jésus afin que notre vie ait un sens plutôt que d’être la traversée d’un désert stérile. Quant au baptême, on peut en dire, à l’image de ce texte, que c’est le rite durant lequel on reconnaît son alliance avec le Christ. C’est le moment de cette rencontre où l’on reconnaît que le Christ a initié un mouvement vers soi et l’on accepte de faire l’autre bout du chemin : aller vers le Christ, marcher sa vie durant à sa rencontre, puis peu à peu comprendre ses enseignements, pour enfin marcher dans ses pas, à sa suite.
Questions
1. Ce texte est un commencement, mais comment se traduit-il concrètement pour le chrétien?
2. Quels sont les rôles respectifs de Jean le Baptiste et de Jésus?
3. Qu’est-ce que le baptême?
Prière
Seigneur, apprends-nous à te rencontrer, à t'écouter, à te sentir derrière les portes de la peur. Apprends-nous à t'ouvrir la porte, à t'accepter pleinement dans nos vies. Donne-nous la force de t'entendre pour te suivre, dans la direction que tu nous montreras. Amen
Téléchargez tous les commentaires bibliques et le lectionnaire de l'Avent dans le N°2 "Des miettes de la table" de ce blog.
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27.11.2005
Commentaire de l'Evangile du 1er dimanche de l’avent
Geoffrey ROBERT est psychologue jeune diplômé. Il est un des membres assurant le fonctionnement du groupe Chrétiens lgbth 31 à Toulouse. Il nous livre son commentaire de l'Evangile de ce dimanche 27 novembre 2005: Marc 13 : 33-37
Dans le chapitre 13 de l’évangile de Marc, Jésus évoque les temps de grande détresse qui vont précéder la venue du Fils de l’Homme, les événements terribles, les faux prophètes…Le chapitre 14, lui, retrace le début des événements de la Pâque de notre Seigneur.
Au milieu de tant de tourmente, une seule recommandation du Maître, notre lecture du jour : « Veillez » ! Jésus nous invite ainsi à rester « éveillés », par opposition à être « en train de dormir ». Comment comprendre cette affirmation ? Car nous ne pouvons nous priver de sommeil jusqu’à la venue du Fils de l’Homme ! Il doit donc s’agir de quelque-chose de plus subjectif, de plus subtil que la différence veille/sommeil physiques. Pour preuve, la parabole des dix vierges (Matthieu 25 : 1-13), dont cinq étaient sages, et cinq folles : les dix se sont endormies ; puis, toutes se sont réveillées à l’arrivée de l’Epoux ; et celles qui avaient des réserves d’huile ont été admises dans la salle des noces. Ainsi le sommeil n’interdit pas l’entrée dans la salle de noces, l’absence de réserve d’huile semblant par contre prohibitive. L’huile représente peut-être la continuité de conscience, la vigilance de chaque instant, notre présence continuelle à Dieu : « Heureux est l’homme…qui murmure sa loi jour et nuit » (Psaume 1). Et le/la juste, qui s’est laissé(e) imprégner de Dieu durant toute la journée, voit son sommeil placé sous le regard de Dieu, proche et protecteur.
L’état de veille auquel Jésus nous exhorte nous permet de nous élever au-dessus de nos obscurités, celles inhérentes à notre humanité, à notre vision limitée, à nos conditionnements, à nos peurs - à l’empreinte en nous du péché pour employer la terminologie chrétienne. Car le péché est le fait de se couper de Dieu. Notre être ne laisse plus filtrer la lumière et l’amour de Dieu. Pourtant nous sommes infiniment aimé(e)s de Lui - Elle, depuis toujours et à jamais… Il s’agit donc de s’élever en conscience afin de s’établir à ce niveau où la lumière et l’amour deviennent ressentis, vécus - incarnés.
Ces paroles d’apparences mystiques – ou fantaisistes selon la sensibilité ! – me semblent trouver un parallèle flagrant dans la psychanalyse. Freud nous enseigne que « là où est le çà, doit advenir le moi », c’est-à-dire que l’inconscient ténébreux doit être résorbé par la lumière du conscient. Alors nous cessons d’être guidés comme des marionnettes par des programmations cachées dans l’inconscient qui oeuvrent malgré nous, et nous devenons libres, non conditionnés, capables d’effectuer des choix réels : ici nous rejoignons Paul qui nous dit que « là où est l’Esprit, là est la liberté » (2 Corinthiens 3 : 17).
Veiller, être sur ses gardes, c’est en fait être concentré à chaque instant sur le présent, sur ce qui s’y passe : à l’extérieur de nous –ce dont nous informent nos cinq sens- ; mais aussi sur ce qui vient de nous-mêmes : nos pensées, nos paroles, nos actions. Cette concentration permet à notre conscience de s’unifier, alors que notre nature de "pécheur" est à la dispersion. Veiller = se concentrer = s’unifier…C’est peut-être l’aboutissement de ce processus qui a permis à Jésus de dire : « Moi et le Père nous sommes un » (Jean 10 : 30), cette unification intérieure étant également unification à Dieu. En tous cas nous pouvons penser que mettre fin à la dispersion par la concentration de la veille est le moyen qui nous permet de rentrer dans le Royaume puisqu’ « étroite est la porte et resserré le chemin qui mène à la vie » (Matthieu 7 : 14).
Par la veille nous nous arrachons, seconde après seconde, à notre obscurité, nous maintenons notre lampe allumée (c’est peut-être cette lumière qui vaut aux saints, ainsi qu’à Jésus bien sûr, d’être fréquemment représentés avec un halo lumineux), et en maintenant cette petite lampe allumée, un jour sûrement le Seigneur nous inondera de Sa lumière sans fin – ce qui pourrait être une explication de la parole mystérieuse de Jésus lorsqu’il explique qu’à « tout homme qui a, l’on donnera et il sera dans la surabondance ; mais à celui qui na pas, même ce qu’il a lui sera retiré » (Matthieu 25 : 29). Tenons donc allumée notre humble lumière – notre présence consciente et continue au Christ - afin qu’un jour, il nous établisse à jamais dans son ineffable lumière - ce qui peut se produire dès ici-bas, puisque « certains ne mourront pas avant de voir le Fils de l’homme venir comme roi » (Matthieu 16 : 28).
Questions
1. Quelle est ma compréhension de l’exhortation de Jésus à veiller ?
2. La présence continue à Dieu est-elle intégrée à ma vie quotidienne ?
3. Si oui, de quelle manière ? (lectio, prière, présence consciente…).
4. Si non, ai-je le désir de m’éveiller à cet aspect de la vie chrétienne ? par quels moyens ?
Prière
Jésus, toi dont « la lumière brille dans les ténèbres » (Jean 1 : 5), éclaire-nous à chaque instant, à chaque minute aide-nous à nous souvenir de Toi, permets-nous de vivre dans Ta présence qui est Vie. Amen.
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