Fabrice LEBERT, un cherchant Dieu et un aimant Christ est devenu responsable pastoral de la MCC Montpellier.
Il nous livre son commentaire de l'Evangile de ce dimanche 25 décembre 2005: Luc 2,1-14
Dieu de douceur, d’humilité et de vie. Ce Dieu que nous célébrons, qui nous fait vivre, avec qui nous vivons, ce Dieu de «gloire» a intégré, enveloppé notre humanité dans ce qu’il y a de plus fragile : un bébé. Un être dépendant à 100 %, frêle, à la merci de toutes les maladies, de la faim, de la soif, de la violence externe, ne pouvant pas parler. Où est ta gloire, toi que l’on dit « Seigneur, Roi des rois, maître », toi petit enfant de Bethléem ?
Encore une fois, Dieu fait irruption dans nos vies, notre histoire, notre quotidien de manière imprévue, impromptue et inconcevable : ce n’est pas écrit comme cela dans les textes annonçant la venue du Messie ! Ce n’est pas sérieux, mais que fais-tu donc ? Quel genre de Dieu es-tu ? Tu viens comme un enfant épouser notre réalité, toute notre réalité, sauf le péché, bon d’accord, passons, mais venir dans la plus grande pauvreté, le plus grand dénuement, carrément nu ! Enfin de qui se moque t-on ? Je veux croire en un Dieu tout puissant, omniscient, je veux croire que mon Dieu est riche, beau, fort, viril, etc.
L’enfant est refoulé de partout, à peine né et déjà mis à la porte, et ses parents refourgués à l’étable. Il aura alors le plus beau de tous les berceaux, la plus grande des gloires, la plus belle de toutes les naissances : une étable, une mangeoire et des animaux de compagnie. Le fils de Dieu arrive sans crier gare, dans un local presque vide, pas très propre d’ailleurs ! Oui, son arrivée fait du vide , nous vide de tout : de nos certitudes, de notre orgueil de nos fiertés mal placées, de notre arrogance, de notre agressivité, de notre goût du pouvoir ; il nous laisse sans voix pour laisser la parole de vie prendre sa place en notre bouche.
Jésus Christ, fils du Dieu vivant, notre Créateur, notre Libérateur, tu nous ouvres les portes de l’humilité, de la pauvreté de cœur, de l’amitié plurielle et tu nous invites à célébrer cette force, cette puissance, cette omniscience dans l’acte le plus simple de notre vie : des mains ouvertes pour accueillir le plus inopportun, le plus incroyable des Dieux ! Le Christ se fait une place, petite, dans notre étable personnelle et il attend de nous, notre amour inconditionnel, notre sourire et nos chants d’action de grâce. Que la naissance de notre sauveur, serviteur, libérateur et surtout frère, nous réconforte dans notre vie incarnée par l’amour du pauvre ressuscité.
« Je veux évoquer le souvenir de l’Enfant qui naquit à Bethléem. Je veux le voir de mes yeux, là, couché dans une mangeoire sur du foin, entre l’âne et le bœuf ». Ces paroles de François d’Assise présentent l’événement du salut d’une manière digne des poètes qui peuvent imaginer, voir et faire voir avec des yeux d’enfant : un Dieu dans son avènement de douceur et de simplicité. Dans une société, où gloire, beauté, pouvoir dominent et divisent, où l’argent est le seul maître, un monde assoiffé d’honneurs, de grandeur, il est très urgent de revenir à l’humilité de Dieu. Dans un monde où les guerres, les conflits font rage, il faut redécouvrir un Dieu de tendresse, un « Enfant Dieu ».
Où pourrait-on mieux accueillir un enfant que dans la beauté de la nature, des montagnes, parmi des gens simples, humbles et plein de candeur, de joie, de force et d’amour : nos bergers ! Là, devant nos yeux, nous voyons aussi l’incarnation de la fraternité humaine et universelle. Des femmes et des hommes, la nature, des animaux communient les unes les uns avec les autres dans une belle harmonie céleste et humaine. La tendresse de Dieu, la beauté de Dieu aussi simplement dit qu’aucun discours de théologie ne pourra rendre parfait. Toute l’humanité en priant, en écoutant et en accueillant cette nativité du Christ découvre un monde nouveau dans lequel un Dieu de majesté devenu notre frère se laisse désormais rencontrer dans une relation fraternelle.
Questions
1. Mes représentations de Dieu, du Christ correspondent-elles au passage de Luc ? pourquoi ?
2. Quel regard avoir sur la simplicité de l’incarnation de ce Dieu de la nouvelle Alliance ?
3. Les bergers ne nous ressemblent-ils pas lorsque nous entendons Dieu nous dire : « Tu es mon fils, ma fille bien aimé/e, va célébrer cette espérance » ?
4. Arrivons nous aussi souvent que possible, à faire de la place au Christ en nos vies, dans nos cœurs-étables ?
Prière
Il est juste, beau et bon de se tourner vers ta grâce pour te dire merci, toi le Dieu de vie, en tout lieu et à tout moment ! Merci pour les bergers qui à Bethléem ont trouvé le Messie promis ! Merci pour les mages venus de l’Orient et de bien plus loin se prosterner devant l’Enfant ! Vraiment, tu as tenu ta promesse, plus vaste que le ciel et la terre. Promesse qui nous rassemble, tous ensemble, devant ce petit enfant couché dans la crèche. Promesse qui réunit tout être vivant en une Alliance arc-en-ciel. Avec les anges qui ont annoncé sa naissance, avec toutes les générations qui l’ont célébré au long des temps, nous proclamons ta venue, ta gloire en chantant : Hosanna au plus haut des cieux et paix sur terre à quiconque l’aime ! Amen.
Commentaires
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Ecrit par : jhny | 05.06.2006
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