04.12.2005

Commentaire de l'Evangile du 2ème dimanche de l'Avent

Stéphane CORDIER-BROZEK est professeur certifié d’Anglais ; il vit actuellement en Australie avec son épouse Daniela et enseigne le Français dans un collège-lycée. Il nous livre son commentaire de l'Evangile de ce dimanche 4 décembre 2005: Marc 1:1-8

« Commencement de l’évangile de Jésus-Christ, Fils de Dieu » : ainsi débute cette « bonne nouvelle » de l’évangéliste Marc. Comme dans tout début de livre qui donne le ton au reste de l’ouvrage, sont posés ici les premières pierres, les fondamentaux de cette histoire du Messie, en définissant clairement les rôles de deux de ses deux protagonistes. Mais le texte ne s’arrête pas là : il est destiné à être un modèle proposant des enseignements pour guider les premiers pas des chrétiens vers Jésus. C’est d’abord le récit d’une rencontre. Si l’Ancien Testament est l’histoire de Dieu cherchant à instaurer le dialogue avec les hommes en proposant des alliances successives avec eux, le Nouveau Testament, bien plus qu’une biographie de Jésus, est l’histoire de la rencontre du Messie avec les différentes communautés des hommes. C’est ce que l’évangile de Marc souligne en s’ouvrant sur la rencontre de Jésus avec Jean le Baptiste et ses disciples.

Mais qui donc était ce baptiste ? Son rôle est défini par analogie, en citant un passage du prophète Esaie : il est ainsi vu comme “le messager”, celui qui prépare le chemin au Messie. Pourquoi une personne au rôle si important vivait-elle dans le désert, là où, par définition, les hommes ne sont pas ? On peut y voir une image : pour Esaie, les gens qui ne vivent pas dans la connaissance et le respect les lois de Dieu errent dans un désert spirituel, leur vie n’a pas de sens et ressemble ainsi à un désert stérile. Le Baptiste pratiquait “un baptême de conversion en vue du pardon des péchés” (Marc 1 : 4). La traduction physique en était l’immersion dans le Jourdain en signe de purification spirituelle, morale et physique, la personne baptisée prenant ainsi un nouveau départ dans la vie. Le baptiste est bien celui qui immerge et propose un changement de vie. Beaucoup de gens voyaient dans la situation politique de cette époque pour le moins troublée une remise en question de leurs actions ou leur manque de foi : les Romains contrôlaient toute la région et de nombreux “petits prophètes” issus de communautés radicales juives proclamaient l’arrivée du Messie qui débarrasserait la région de l’envahisseur et rétablirait ordre, justice et respect de la Loi en Judée. En ces temps messianiques Jean le Baptiste semble un personnage majeur, puisque le texte nous dit que “tous les habitants de Judée et tous les habitants de Jérusalem se rendaient auprès de lui.” (Marc 1 : 5). Il n’était pas le seul à pratiquer un baptême de conversion puisque d’autres communautés religieuses le donnaient en signe de purification mais sa portée était différente : ce baptême est proposé à tous, tout le monde y est invité.

Si Jean est présenté comme le messager, Jésus est introduit comme “Fils de Dieu”. Malgré son importance, Jean est présenté comme le serviteur, l’esclave presque (qui, convention de l’époque, déliait la lanière des sandales de son maître). On peut se demander pourquoi l’évangéliste insiste tant sur cette “infériorité” par rapport à Jésus. Il s’agit de montrer la place des deux hommes : si le Baptiste baptise d’eau, Jésus, lui, “baptisera d’Esprit Saint”. Cette phrase un peu obscure révèle la différence entre les deux hommes. Le baptême de Jean est le signe de la décision personnelle de l’individu qui souhaite aller à la rencontre de Dieu. Jean invite, mais la démarche de venir le voir au désert vient de la personne elle-même. Le mouvement semble inverse avec Jésus : c’est le Christ qui vient d’abord à notre rencontre et vient mettre en nous un nouveau souffle lors du baptême (avec cette référence à l’Esprit Saint). Avec la venue de Jésus, on se tourne vers le futur : “lui vous baptisera” est déjà le signe d’une promesse. Ce commencement nous enseigne l’humilité, à l’image de cette relation entre Jésus et Jean le Baptiste : le Messie a suivi le Baptiste, puis Jean et les baptisés suivront le Christ ; il témoigne de cette invitation universelle à rencontrer Jésus afin que notre vie ait un sens plutôt que d’être la traversée d’un désert stérile. Quant au baptême, on peut en dire, à l’image de ce texte, que c’est le rite durant lequel on reconnaît son alliance avec le Christ. C’est le moment de cette rencontre où l’on reconnaît que le Christ a initié un mouvement vers soi et l’on accepte de faire l’autre bout du chemin : aller vers le Christ, marcher sa vie durant à sa rencontre, puis peu à peu comprendre ses enseignements, pour enfin marcher dans ses pas, à sa suite.

Questions

1. Ce texte est un commencement, mais comment se traduit-il concrètement pour le chrétien?

2. Quels sont les rôles respectifs de Jean le Baptiste et de Jésus?

3. Qu’est-ce que le baptême?

Prière

Seigneur, apprends-nous à te rencontrer, à t'écouter, à te sentir derrière les portes de la peur. Apprends-nous à t'ouvrir la porte, à t'accepter pleinement dans nos vies. Donne-nous la force de t'entendre pour te suivre, dans la direction que tu nous montreras. Amen

Téléchargez tous les commentaires bibliques et le lectionnaire de l'Avent dans le N°2 "Des miettes de la table" de ce blog.

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