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23.11.2005
Les églises inclusives (1ère partie)
Jean Vilbas travaille en bibliothèque et a commencé une thèse sur la théologie des églises inclusives à la Faculté de Théologie Protestante de l’Université de Strasbourg. Il est proche des MCC et impliqué dans le groupe Rendez-vous Chrétien à Lille. Il a créé la revue "Des Miettes de la table" disponible sur ce blog. Il est interrogé ici par Stéphane Lavignotte.
Depuis plus d’un quart de siècle, plus de 1500 paroisses nord-américaines de diverses dénominations ont adopté l’appellation d’«églises inclusives » ; elles indiquaient par là leur volonté de se rendre pleinement accueillantes aux personnes homosexuelles. La plupart l’ont fait en contre point des discours officiels de leur dénomination ; d’autres s’inscrivaient au contraire dans la ligne d’une politique officielle d’ouverture affichée par la dénomination – c’est le cas de la United Church of Christ, église-sœur de l’ERF. Parmi les différents adjectifs qui qualifiaient ces paroisses – ouvertes, accueillantes, réconciliatrices – celui d’inclusive, traduisant en anglais la démarche concrète d’inclusion opposée à l’exclusion, s’est imposé. Il reste difficile à traduire en français : peut-être faut il tenter le néologisme ou l’anglicisme.
De manière concrète, que font en général les églises inclusives en plus d’afficher leur caractère accueillant ?
Les réalités de terrain sont assez variables ! Le LGCM (Lesbian and gay christian movement )britannique avait tenté d’élaborer une charte de la parfaite église inclusive sans jamais réussir à réunir derrière cette charte des expériences paroissiales extrêmement diverses. Je dirai qu’une église véritablement inclusive ne peut souffrir la contradiction affichée par le récent communiqué du Comité Permanent Luthéro Réformé : postuler d’un côté l’accueil de toutes et tous au nom de la grâce et juger d’un autre côté inopportun au nom des circonstances l’accès au ministère de personnes homosexuelles ou la bénédiction de couples de même sexe. Beaucoup de paroisses inclusives ont célébré des bénédictions d’union ou enfreint les règlements de leur dénomination en acceptant comme pasteurs, anciens ou diacres des personnes homosexuelles. Se déclarer paroisse inclusive, c’est parfois prendre des risques.
Y-a-t-il des bases bibliques ou théologiques particulières à cette démarche ?
Certaines églises inclusives ont développé une théologie spécifique, dans la lignée des théologies de la libération – en particulier celles qui ont un recrutement quasi exclusivement lgbt[1]. D’autres ont vu dans leur démarche un prolongement de luttes antérieures pour les droits civiques. Les paroisses du réseau libéral Center for progressive Christianity sont de facto inclusives puisque cela fait partie des huit points de leur charte. Beaucoup enracinent cependant tout simplement leur position inclusive dans leur compréhension de l’Evangile. Le motif de l’hospitalité traverse toute l’Ecriture, des récits de l’Ancien Testament aux lettres du Nouveau Testament ; le livre des Actes, depuis la Pentecôte où le message de l’Evangile atteint chacun dans sa langue jusqu’aux récits de la conversion de l’eunuque éthiopien ou du centurion Corneille, dépeint la naissance d’une Eglise au sein de laquelle les préjugés tombent un à un. Paul donne comme consigne à des chrétiens menacés de division : « Accueillez-vous les uns les autres comme Christ vous a accueillis » (Ro 15 :7). Etre inclusif, c’est d’abord reconnaître en Jésus l’hospitalité de Dieu, accepter la transformation de notre regard sur l’autre et en tirer les conséquences pratiques sur le plan communautaire.
23:20 Publié dans inclusivité | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : gay et lesbienne





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